Deux personnalités franc-comtoises, Madame BELOT, directrice générale d’ELIAD et Monsieur JEHANNIN, professeur à l’IUT de Belfort-Montbéliard, agrégé de sciences économiques et sociales, se sont rencontrées et ont échangé sur le thème « L’ innovation sociale dans les services à domicile », lors de la Journée Portes Ouvertes de Domicile 90, le 1er juin 2017.

Madame BELOT, directrice générale d’ELIAD, a présenté l’évolution récente des conditions d’exercice du métier d’aide à domicile ; ainsi que les difficultés auxquelles sont confrontées les associations d’aide à domicile.

Mme Belot, directrice générale d’ELIAD (à droite)

En effet, le secteur de l’aide à domicile devient de plus en plus complexe à organiser. Les interventions de 30 minutes représentent dorénavant 40% de l’activité dans le Doubs et 44% en Haute-Saône. A ce temps d’intervention de plus en plus court s’ajoute la nécessité d’intervenir le matin, le midi et le soir ; ce qui a impact considérable en termes d’organisation et de fragmentation des plannings des intervenants. Clients, familles et pouvoirs publics attendent également de nos structures qu’elles se coordonnent avec les services de soins (les médecins, les infirmières…) et qu’elles organisent les différents services tels que l’accueil de jour et le portage des repas.

Pour les structures d’aide à domicile, et principalement les acteurs associatifs du secteur (lesquels, on le rappelle, portent 4 emplois sur 5 dans les métiers du domicile sur le Nord Franche-Comté) s’ajoute la nécessité de :

  • prévenir les risques des usagers par des actions de prévention, car “les aides-soignants et les aides à domicile sont les meilleurs agents de repérage des fragilités”,
  • agir pour la prévenir (actions de prévention) et non plus seulement pour accompagner la dépendance,
  • trouver d’autres voies de financement face à la diminution des fonds publics,
  • s’adapter à une concurrence à but lucratif de plus en plus forte,
  • intégrer les nouvelles technologies.

Seule la capacité d’innover donne du sens à ce que l’on fait et permet de continuer à assurer la mission de service publique auprès des personnes en situation de dépendance, quel que soit leur niveau de richesse. L’innovation permet d’améliorer la qualité des prestations, la qualité des emplois, de rééquilibrer les finances, de retrouver de la capacité à innover à nouveau.

A son tour, Monsieur JEHANNIN a exposé à l’assemblée ses observations tirées de ses travaux en Chine et en Israël ; ce qui permet de voir comment les autres régions du monde répondent aux enjeux de la dépendance.

M. Jehannin, professeur à l’IUT de Belfort-Montbéliard, agrégé de sciences économiques et sociales (à gauche)

Le contexte chinois se rapproche de celui de la France, notamment avec l’augmentation de la population âgée de plus de 60 ans. Sur un modèle différent de celui de la France, il existe en Chine des associations de mobilisation de la population, chaque Chinois ayant le devoir moral et l’obligation de s’occuper de ses parents. Ces associations s’organisent dans les quartiers afin que les Chinois puissent s’occuper de leurs aînés.

La France a une construction sociale du maintien à domicile centralisée et organisée que la Chine ne possède pas. Pour autant, la Chine pourrait être un exemple d’innovation sociale tant la société chinoise au complet est mobilisée pour soutenir les personnes dépendantes.

Cet exemple de la Chine nous prouve l’importance de rechercher des ressources aussi bien financières qu’humaines. Il s’agit aussi de mieux instiller dans la société française l’obligation de s’occuper de ses aînés et faire reconnaitre l’importance du secteur d’aide à domicile dans la société.

Pour ce qui est d’Israël, M. JEHANNIN explique qu’il existe dans ce pays des dispositifs qui permettent de rompre l’isolement des personnes âgées : des étudiants bénévoles rendent visite aux personnes âgées de façon organisée. La France pourrait très bien s’en inspirer.

Certes, en France, les dispositifs fonctionnent ; mais il est important que les mentalités changent pour tendre vers une innovation sociale et solidaire envers les personnes dépendantes. M. JEHANNIN conclut en soulignant que l’enjeu du secteur de l’aide à la personne ne passera pas seulement par l’innovation technologique ni seulement par l’innovation relationnelle ; c’est une question de changement culturel.

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